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museums.ch

09/2014

Les médias de l’image et du son, qui émergèrent vers 1830 avec la photographie,

placent ceux qui doivent assurer la conservation des biens culturels impliqués face

à de nouveaux défis. L’auteur s’est entretenu avec des représentants de quatre

institutions nationales de l’audiovisuel : Martin Gasser, conservateur de la Foto-

stiftung Schweiz pour la photographie (photo), Frédéric Maire, directeur de la

Cinémathèque suisse (film), Pio Pelizzari, directeur de la Phonothèque nationale

suisse (son) et Françoise Clément, présidente du groupe de travail Documentation et

archive (D&A) de la SRG SSR (son, radio, vidéo, TV). Ces quatre établissements

sont quotidiennement confrontés au problème de la conservation à long terme des

documents audiovisuels. En raison de ressources financières et humaines limitées, ils

doivent établir des priorités compatibles avec leur mission et prenant en compte les

caractéristiques des objets et des documents concernés ainsi que les exigences de divers

groupes d’intérêt.

Jusqu’au XVIII

e

siècle, la transmission de notre histoire culturelle reposait pour

l’essentiel sur des documents écrits. Depuis l’apparition de la photographie, il y a envi-

ron cent huitante ans, les médias audiovisuels ont révolutionné le « récit historique ».

Les nouvelles technologies de l’information ont récemment introduit des possibi-

lités et des défis totalement inédits en termes de conservation à long terme, d’acces-

sibilité et de communication. Ainsi, c’est souvent grâce à la numérisation que le

patri-moine audiovisuel est devenu réellement accessible. Amélioré et plus direct, cet

« accès pour tous » permet en définitive une démocratisation du savoir impensable,

pour les sources audiovisuelles, voilà seulement quelques années.

La conservation à long terme des documents audiovisuels est une entreprise

complexe. D’une part, il convient de contextualiser l’information (image/son) et,

si possible, de préciser les circonstances de sa production et de sa diffusion à partir

de « métadonnées ». D’autre part, les supports analogiques – par exemple photo-

chimiques ou optiques – doivent être stockés dans des conditions optimales. Quant

aux documents numériques ou numérisés, il faut les conserver en utilisant des

« infrastructures informatiques durables » qui respectent des standards élevés en

matière de transmission et de sécurisation des données. Dans les espaces d’archivage,

il convient d’éliminer au maximum les risques de dégradation par les variations de

lumière, de température et d’humidité, les dommages occasionnés par la saleté, les

éléments naturels, le vol ou le vandalisme. Il faut enfin trouver les moyens de rendre

le patrimoine audiovisuel accessible au public, en particulier à travers l’éducation et

la recherche scientifique.

Beta Suisse: Massendigitalisierung von

Beta-Kassetten.

/

Beta suisse : numérisation

massive de cassettes vidéo (Betamax).

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