Background Image
Previous Page  17 / 132 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 17 / 132 Next Page
Page Background

17

museums.ch

09/2014

consiste à entreposer objets et livres

dans des structures modulables

qui, conformément aux principes de

l’armoire-herbier de Linné, permettent

de modifier la disposition des étagères et

d’étendre à volonté l’espace de stockage.

Nombre de fabricants de ces meubles

de rangement ont fait leurs armes dans

l’aménagement des hôpitaux ou des

salles de coffres des banques. De nou-

velles techniques de protection contre le

feu sont quant à elles empruntées aux

théâtres et aux grands magasins.

Du xx

e

 siècle à nos jours

Abstraction faite du contexte dra-

matique de leur création, les « dépôts de

montagne » des deux guerres mondiales

s’accompagnent d’avancées considéra-

bles en termes de professionnalisation.

Nombre de connaissances essentielles

sont acquises dans les galeries souter-

raines et les bunkers, et les règles de

climatisation et de gestion de l’espace,

élaborées pour préserver les biens

en temps de guerre, restent valables

aujourd’hui. Depuis les années 1970,

les musées et l’industrie du mobilier

s’efforcent d’élaborer des systèmes

toujours plus mobiles et économes

en espace. L’objectif est d’obtenir un

maximum de mobilité, de flexibilité

et d’accessibilité (Bott 1970). Les der-

nières décennies ont vu l’installation

plus fréquente de réserves en sous-sol

ou la reconversion d’anciens com-

plexes commerciaux et militaires. La

tendance actuelle est à la construction

de nouveaux bâtiments. Il est désormais

question de « réserves centrales », étant

entendu que, si les collections non expo-

sées sont à présent concentrées dans

un même lieu, leur localisation n’a rien

de central. De plus en plus souvent, de

nouveaux locaux ad hoc sont installés à

la périphérie des villes, afin de réduire

les coûts de construction et d’exploita-

tion. Les conditions de conservation y

sont généralement idéales, mais l’éloi-

gnement géographique entre maison

mère et réserves risque aussi de rompre

RIASSUNTO

L’evoluzione dei depositi museali è fonda-

mentalmente una storia di collezioni in con-

tinua crescita che occupano locali sempre

più colmi. Mentre il fabbisogno di «spazio»

è in aumento costante, cambiano l’aspetto e

la delimitazione di tale spazio: se nelle raccol-

te premuseali dei secoli XVI–XVIII bastavano

armadi e cassetti per custodire i pezzi prezio-

si, ai giorni nostri i depositi dei musei sono

divenuti oggetto di appalti edilizi a sé stanti.

All’istituzionalizzazione dei depositi nelle for-

me che oggi ci sono familiari si giunse verso

la fine dell’Ottocento. Sino ad allora non era

prassi comune distinguere le collezioni esibite

al pubblico da quelle custodite in magazzino;

a determinare la separazione fra le due rac-

colte furono le mutate esigenze divulgative dei

musei e la penuria crescente di spazi espo-

sitivi. Se agli inizi del Novecento la difficile

gestazione dei depositi museali era un pro-

cesso ormai concluso, altre ondate di profes-

sionalizzazione nel settore si ebbero durante

le due guerre mondiali con l’allestimento dei

cosiddetti depositi-rifugio. A dominare negli

ultimi decenni sono state da un lato l’ottimiz-

zazione degli impianti di deposito, dall’altro la

costruzione e gestione di depositi centralizzati

e centri di collezioni che si affermano come

spazi d’attività nuovi, distanti dai musei.

SUMMARY

The history of museum storage facilities is

essentially one of ever-growing collections in

ever-fuller repositories. The need for “space”

is continually increasing, at the same time

the definition of “space” has changed. In the

pre-museum age of collections from the six-

teenth to the eighteenth century, cupboards

and drawers still sufficed to store precious

items, but nowadays storage has become a

major construction task and challenge. It all

began towards the end of the nineteenth cen-

tury. Up to then collections were not divided

up between show rooms and storage rooms,

respectively. The division of collections into

pieces on show and items kept in storerooms

was a result of changing display practices and

demands and the fact that the showrooms were

bursting at their seams. By the early twentieth

century, the plans for modern museum stor-

age facilities had been largely put into action,

with further steps of professionalization being

implemented during the two World Wars with

the building of so-called “mountain depots”.

In recent decades the focus has been on opti-

mizing facility equipment as well as the estab-

lishment of centralized storage sites as well as

well as collection repositories and spaces in

off-site locations.

le lien de proximité des responsa-

bles avec leurs collections et de nuire,

à terme, aux activités de recherche.

Cependant, avec leur infrastructure opti-

male au service du stockage et de la

conservation, mais aussi de la recherche,

de nouveaux centres comme celui du

Musée national suisse à Affoltern am

Albis (ZH) montrent comment répondre

aux enjeux de l’évolution actuelle.

J’adresse ici mes plus vifs remerciements

au D

r

Joachim Huber

(prevart.ch)

!

Bibliographie

BIBER Anne et GRIESSER-STERMSCHEG

Martina. 2013. «  Bergedepots und historische

Bunkerbauten: Geschichte und aktuelle Nutzungs-

möglichkeiten für Museen  », in : Österr. Restaurato-

renverband (éd.). Kunst unterwegs, 23. Tagung des

ÖRV 2012. Vienne: Böhlau, pp. 126–137.

BOTT Gerhard (éd.). 1970. Das Museum der

Zukunft. 43 Beiträge zur Diskussion über die Zukunft

des Museums. Cologne: Dumont.

GERMANN Georg, BÄCHTIGER Franz et

KAPOSSY Balázs. 1994. « Chronikalische Notizen

zur Museumsgeschichte », in : Berner Zeitschrift für

Geschichte und Heimatkunde (Berne) 56, cahier 3,

pp. 371–454 [permalien  :

http://dx.doi.org/10.5169/

seals-246732, consulté le 1

er

 janvier 2014]. Mes

remerciements à M

me

Ritter-Lutz pour ses précisions.

GRIESSER-STERMSCHEG Martina. 2013.

Tabu Depot. Das Museumsdepot in Geschichte und

Gegenwart, Vienne : Böhlau. Contient des sources

plus anciennes sur les exemples cités.

MAC GREGOR Arthur. 2007. Curiosity and

enlightenment. Collectors and collections from

the sixteenth to the nineteenth century. New Haven-

Londres: Yale University Press.

MÜLLER-WILLE Staffan. 2001. «  Carl von

Linnés Herbarschrank. Zur epistemischen Funktion

eines Sammlungsmöbels  », in : TE HEESEN

Anke / SPARY E.C. (éd.) Sammeln als Wissen.

Das Sammeln und seine wissenschaftsgeschichtliche

Bedeutung, Göttingen: Wallstein, pp. 22–38.

L’auteure :

Martina Griesser-Stermscheg est muséo-

logue et conservatrice-restauratrice. Outre ses fonctions

de responsable des collections du Technisches Museum

Wien, elle codirige un master ecm (educating, curating,

managing) de théorie et de pratique des expositions à

l’Universität für angewandte Kunst de Vienne et fait

partie du comité du réseau schnittpunkt (www.schnitt.

org) dont elle est un des membres fondateurs. Elle

vient de publier «Tabu Depot. Das Museumsdepot in

Geschichte und Gegenwart» (Vienne, Böhlau, 2013).

martina.griesser@tmw.at